De l’inconvénient d’avoir la tête dans le guidon quand on est pas cycliste

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En 25 ans de carrière, je dois bien l’admettre : je n’ai jamais ou alors bien rarement rencontré de fainéant magnifique ou de grossière tire-au-flanc. Plus souvent des spectaculairement désorganisé-es ou du phénoménalement attaché-es au moindre détail. Reste à comprendre pourquoi.

Car, sachez-le, dans un budget analytique, passer trop de temps sur un projet est catastrophique. En bref, au final, vous perdez de l’argent. Ainsi lorsqu’un collaborateur souffle plus ou moins bruyamment « j’ai le nez dans le guidon », il n’y a qu’une question à se poser : « bin comment se faisse ? » et de demander immédiatement à voir le planning dudit cycliste.

Dans 70% des cas, vous allez constater que le planning a été construit sur une année calendaire et non sur du temps de travail réel. Sans tenir compte des congés, des absences, parfois des départs, non seulement du collaborateur mais également des collaborateurs qui interagissent entre eux sur ledit projet entraînant ainsi des retards en cascade qui finissent toujours pas être compensés par une ou deux victimes dont le cycliste en question. Au final, vous voyiez le panneau d’arrivée s’éloigner, les coureurs s’épuiser sur une course qui de simple au départ est devenue au fur et à mesure extraordinairement compliqué.

Dans les 30% restants, vous constaterez que l’objet principal (le but) du projet s’est dilué au fil du temps et des réunions, l’être humain privilégiant l’amical téléphone arabe au rébarbatif compte-rendu écrit. Idem l’attribution des tâches aux uns et aux autres a glissé en fonction des compétences et des appétences plus ou moins revendiquées mais pas forcément justifiées non plus, hélas.

Il va falloir que vous acceptiez de détricoter, ensemble, ce pull-over mal engagé car on ne le redira jamais assez le rôle principal d’un manager est justement d’être le commissaire de course et de ne pas se contenter d’attendre à l’arrivée. En cas de gigantesque pelote inextricable, il peut être judicieux de faire intervenir quelqu’un d’extérieur (ici placement de produit) pour reexpliquer le projet et reattribuer aux uns et aux autres son rôle en son sein avec une bienveillante fermeté.

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