Que ce soit dans la vraie vie (oui maintenant il faut faire la distinction entre nos différentes vies) ou sur les réseaux sociaux, je pense qu’il est temps de nous déclarer toutes et tous en état de catastrophe naturelle et de prendre les mesures qui s’imposent.
Vous n’allez pas bien. Je me sens parfois un peu faible moi-même. Une pandémie certes. Des crises sociales qui s’enchaînent. Des rapports du GIEC qui affirment ou confirment que tel le dodo nous sommes cuits et recuits. Il ne nous manquait plus qu’une guerre à nos portes.
La guerre nous connaissons : nous avons écouté d’une oreille plus ou moins distraite nos professeurs et nos grands-parents. Nous regardons les guerres « des autres » et leurs cortèges de massacres du coin de l’œil depuis… notre naissance tellement ce monde est fiévreux de malheur. Les réfugiés errent de pays en pays, se fracassant sur nos frontières, sur nos peurs, nos égoïsmes. Depuis quelques jours, la guerre se balade à 2h de Paris, elle flotte au-dessus de nos têtes et nous, toi et moi, ne pouvons strictement rien y faire.
Alors que faire quand on ne peut rien faire ? D’abord, encore une fois, se couper de ce monde médiatique qui génère chez certains une angoisse extraordinaire. Nos solitudes nous ont rendus dépendants de ces fenêtres de notifications sur notre entourage, notre environnement, le monde. Souvent vous ne prenez pas conscience du flot d’images et d’informations qui nous assiègent et nous lancinent. Comme la pollution des océans, la pollution de nos âmes. A cela s’ajoute la frénésie de notre vie professionnelle : cette avalanche de mails là où un seul suffirait souvent, ces textos pour vérifier que vous avez bien reçu ces mails, ces appels pour vérifier que vous avez reçu les sms et les mails. Le monde s’en porte t’il mieux ? Vous rend-il plus efficace ? Nan.
A cela s’ajoute cet instrument du démon : le groupe Whatsapp. Les groupes Whatsapp devrais-je dire foufous que vous êtes ! Avec leur pluie de notifications, de récriminations, de revendications, de commisérations.
Au final, nous devenons incapables de hiérarchiser nos priorités, nous rebondissons de dings en fenêtres comme Corine Charby. Nous nous emparons des sujets des autres et… de leur stress.
Nos grands-parents en savaient moins, en voyaient moins, ils n’étaient pas plus heureux mais ils ne l’étaient pas moins. Acceptez le silence et coupez-vous du bruit incessant de ce monde. Un instant. Puis deux.

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