Si, comme moi, vous êtes une spectatrice fidèle de Top Chef, vous avez sûrement remarqué : la cuisine souffre des affres de la mode. Nous connûmes la saison du sucre filé, celle du cromeski, de la virgule de sauce sur le côté, de l’agar agar, du yuzu, des billes moléculaires, du siphon à toutes les sauces, des épluchures en confitures puis de la cuisine-traditionnelle-mais-revisité-en-sorbet…
La communication c’est pareil. Tambouille pour les uns, raison d’être pour les autres, il s’agit pour nous d’accommoder les sauces entre ceux qui veulent du sucré, de la notoriété, des nouveaux clients, du « 360°» en oubliant que cela consisterait quand même à faire un tour sur soi-même pour revenir à son point de départ et que mieux vaut viser un brave 30° histoire de ne pas perdre tout le monde (clients, usagers et collaborateurs) en cours de déploiement.
Avec toujours cette interrogation : que veut vraiment manger le client ou le dirigeant face à un menu stratégique où souvent les propositions les plus basiques sont relookées derrière des mots magnifiques comme « taxinomie », « full communication à 360 », story telling et nudge ?
Hagard hagard, le client n’ose moufter : lui ce qu’il avait plutôt en tête c’était un steak-frite ou un pot au feu mais là du coup il se sent méprisé comme un provincial dans un café parisien face à un « vittel fraise » à 10 euros.
De plus, chaque année, les profils changent : du tous community managers, nous devrions tous devenir ou avoir besoin de digitals producteurs, en plus « d’avoir un verbe de feu » et « une plume incisive » (véridique, trouvé dans une offre d’emploi)… il y a quelques années, il fallait absolument tenir un blog d’entreprise puis un compte Facebook, puis un compte Twitter puis un TikTok puis un compte machin à venir pas encore venu mais qui sera obsolète 2 jours après sa sortie.
Il est indispensable de connaître le monde qui nous entoure et d’adapter nos stratégies de communication. Un œil sur le monde qui change mais le rasoir d’Occam bien main. Car quoi qu’on en pense, une bonne recette de communication reste une bonne recette. Un pot au feu, un pot au feu.

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