De l’art de la critique de son prédécesseur : prenez une assiette puis une autre assiette…

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« Que pensez-vous de nos actions ? De notre communication ? »
Cette petite question d’apparence anodine susurrée par un DRH lors d’un entretien ou par un DG lors d’une consultation est en fait un abominable piège auquel il vous faudra malgré tout répondre.

Avant toute réponse justement, je vous recommande de fredonner dans votre tête le couplet ci-dessous :

On pose une assiette
Sur une autre assiette
Puis de plus en plus
Jusqu’à ce qu’y en ait plus
La pile sur la tête
On enlève la main
Puis on lève un pied
En chantant ce refrain
(Pierre Perret, Vaisselle cassée)

Vous comprendrez aisément en reprenant le refrain de cette petite chanson charmante que la critique est aisée mais l’art difficile. Pour plusieurs raisons.
Même si nous n’excluons pas que votre prédécesseur ait commis un véritable massacre institutionnel, n’oubliez pas que le crime au bon goût, l’attentat à l’intelligence pâti également de la complicité de la direction qui se trouve présentement devant vous, d’où ma recommandation d’être plutôt sur un positionnement « axes d’amélioration rendus possibles parce que… » que « rarement vu un truc aussi moche » « euh c’était quoi le plan, sérieux ? » ou « c’est très clipart des années 90 ».

J’invite également -et toujours- à la modestie : nous faisons souvent avec les moyens qui sont mis à notre disposition ou en fonction d’un contexte spécifique à un moment donné. Présentez-vous comme le modeste artisan qui prendra le relai et non comme le divin architecte prêt à tout relooker. Et n’oubliez pas : quelqu’un qui vous invitera à tout révolutionner, n’attend probablement de vous qu’un changement de moquette.

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