« Contrairement aux éditoriaux, rédigés par des journalistes, les tribunes sont des « prises de position d’une personne extérieure à la rédaction », explique Claire Blandin, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-XIII. « Il y a toujours eu des tribunes : la presse française s’est construite sur les opinions politiques. L’affaire Dreyfus a notamment fait monter les intellectuels qui utilisaient leur renommée pour s’exprimer. » En France, la majorité des journaux nationaux en publient, souvent dans des rubriques appelées « Débats », « Idées » ou « Opinions ».
Pour vous donner une idée, en moyenne, le journal Le Monde reçoit chaque jour une cinquantaine de propositions de tribunes. Ce nombre avait même doublé pendant le confinement ! Imaginez le JDD qui lui, ne paraît, comme son nom l’indique, que le dimanche !
Autant vous dire que le processus de sélection est plus qu’assassin. Quelques éléments : une tribune doit être représentative du courant de pensée du journal ciblé, elle doit coller à l’actualité, présenter une certaine qualité d’écriture ET une certaine compétence sur le sujet évoqué. A noter que dans les pages concernées, on relève de plus en plus de tribunes portées par des membres des majorités politiques en place, ce qui est assez curieux et surtout laisse peu de places aux autres.
Il est donc plus que crucial de s’interroger sur la raison qui vous pousse à vouloir faire paraître une tribune. Soyons lucide, la majeure partie du temps, c’est parce que vous n’êtes pas du tout content. Et que vous voulez que ça se sache. Parce que l’affaire est grave.
Pour le coup, cibler quelques journalistes ou utiliser les réseaux sociaux en taguant les médias concernés sera plus efficace. Attention néanmoins, trop de colère tue l’information et trop de communication lasse les gens.

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