La formulation peut prêter à sourire mais combien de fois ai-je entendu : les photos sont belles, ça doit être cher ! Sous-entendu : trop cher pour moi ou ma structure. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas les « c’est laid pour ce qu’on a payé ».
Le beau serait donc coûteux, le laid quasi gracieux. S’ajoute évidemment à ce concept fumeux, cette notion bien propre à chacun d’entre nous de ce qui est beau et de ce qui est moche. Il y a des moches tendances et des beautés surannées. Il y a des laideurs qui vieillissent bien mieux que des beautés assurait Alice Sapritch, grande dame, grande actrice, égérie de Jex Four en son temps avec le célèbre « Avant, j’étais moche, ma vie était un enfer. Je l’ai rencontré et il a tout changé : Jex Four. D’une main, je vaporise. Ça m’amuse. Un coup d’éponge, c’est propre. Jex Four, il agit à fond. C’est chouette la vie ! ». A noter néanmoins, ce vieux fond sexiste qui trouve l’homme laid « intéressant » et espère la femme laide « riche ». Carole Bouquet était trop belle pour lui et Medeea Marinescu trouvait Michel Blanc « Très beau ». Mais je m’égare.
Nos magazines de mode l’assure « le moche est de retour ». A condition, d’être cher : il faut être moche avec Vuitton, pas moche en Kiabbi.
Dans le milieu associatif, le pauvre ne doit pas être trop beau et les supports de communication savoir rester modestes. Savoir rester à leur place. Sinon comment le reconnaîtriez-vous, Marie-Odile ? Car nous dépassons trop souvent le cadre purement budgétaire et projetons nos propres représentations sur nos supports. Il est évident que la raison sociale de votre structure influe sur son image : mettre une boîte de caviar sur un visuel pour les Banques Alimentaires serait inadéquat. Reste que vous avez néanmoins de la marge.
Techniquement soyons très clair : une belle photo coûtera, sur la même banque d’images, exactement le même prix qu’une photo moche. Il y a de très beaux papiers qui coûtent plus chers que des papiers recyclés. Imprimer une plaquette hideuse coûtera le même prix qu’une plaquette élégante. Ce qui joue ? Le grammage, le vernis s’il y en a un, le nombre de pages…
Le numérique démocratise aussi considérablement vos possibilités : une belle typographie, de belles images, des effets élégants vous coûteront strictement la même chose qu’un site avec toutes les couleurs de la vie et des cliparts avec des chats. Tout au plus, la taille de l’agence qui le réalisera ainsi que les demandes techniques joueront sur l’addition finale mais au final sachez-le : si c’est moche, vous ne payerez pas moins.

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