"J'me sens pas vieille quand tu marches, tu marches vers moi" je chantonne chaque jour "Qu'est-ce que tu es vieille quand tu penses, tu penses à toi" me répond le Medef
En principe, 51 ans c’est le bel âge : ça sent l’anis, les cigales, le soleil… PAS le sapin ! Et pourtant. Et pourtaaant…. Comme vous ne pouvez plus l’ignorer, j’ai cessé d’envoyer des CV, optant pour l’indépendance (qui me réussit plutôt bien y compris au teint). Il faut bien admettre que c’était mal engagé : quand la majorité des offres en communication ne dépassent pas les 5 ans d’expérience, allez 10 ans en cherchant bien, on se doute que 25 ans d’expérience ça va coincer un peu de la rotule.
Plusieurs possibilités :
- le DRH ou le patron sont plus jeunes que moi. Genre ils s’imaginent face à quelqu’un qui a plus d’expérience qu’eux ou pire face à leur mère. Je peux comprendre : moi-même quand j’entends « madame Calmier » je me retourne, cherchant des yeux… maman !
- Le DRH ou le patron sont plus âgés que moi. Déjà, sachez que pour certains, l’âge chez les femmes, c’est un peu comme pour les chats, il faut multiplier par 7. Ensuite, ils veulent du sang neuf qu’ils imaginent plus corvéables et beaucoup moins coûteux en entretien. Il semble qu’il n’y ait pas eu particulièrement de leçons à tirer des statistiques actuelles sur les démissions.
Contrairement à ce que vous pensez, je ne m’oriente pas vers un jugement du monde du travail. Mais vers un système qui va conduire ma génération à la catastrophe avec la réforme du chômage en cours.
Génération non non
Déjà remettons nous au centre du village. Ma génération a commencé à travailler autour de 23-24 ans. Elle a assez peu connu le chômage et a donc cotisé sans discontinuer. Femme, elle a souvent manqué accoucher au travail et a rentré le ventre pendant toute sa grossesse pour pas gêner. Bosseuse, elle finissait souvent tard, y passait parfois les WE et n’a parfois connu que bien tardivement les fameux RTT (qu’on évitait de prendre pour pas passer pour des feignants). On s’est parfois pris nos conjoints et nos enfants dans la tronche. On a donné sans compter et surtout pas d’éventuelles augmentations.
Aujourd’hui nos enfants (nous-mêmes parfois) qui ont stoppé net leurs vies pendant le Covid, se sont aperçus pour certains, que leur job était complètement inutile face à une pandémie. Pour d’autres, qu’ils sauvaient des milliers de vie avec des blouses fabriquées en sac poubelle pour 1 600€ par mois. Aux US, cela a entraîné la démission de… 47,4 millions de travailleurs ! En France, cela fut beaucoup plus modeste. Attention, n’en déplaisent à certains éditorialistes, on ne parle pas de démission pour aller bronzer à Ipanema ! On parle de changement de secteurs et entre autres des secteurs qui ont été contraints à la fermeture pendant le Covid. Reste qu’effectivement, ceux-ci rechignent à revenir. Parce que le système d’allocations français, trop permissif, le permettrait.
C’est sur cet élément de langage que se base le gouvernement pour réduire les indemnités et la durée d’indemnisation, non celles des jeunes qui profiteraient du fameux système mais des seniors qui ont pourtant, eux, largement contribué audit système. Par ailleurs, au-delà, des vœux pieux, je n’ai vu aucune contrainte envers les entreprises qui pousseraient lesdits seniors dehors à partir de 45 ans, les condamnant à un bien long tunnel de… 20 ans sans aucun moyen financier jusqu’à une éventuelle retraite, elle aussi constamment repoussée.
Pour conclure en chanson, je nous laisse en compagnie de Pat Benatar :
"We are young (Heartache to heartache) (we stand) No promises (No demands) Love is battlefield Whoa We are strong No one can tell us we're wrong Searching our hearts for so lon Both of us knowing Love is battlefield"

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