Nous avons beau avoir une réputation de « colleurs de gommettes » dans la communication, l’expérience nous a souvent implanté une calculatrice dans la tête. Nous connaissons la plupart des coûts et sommes souvent en capacité de déterminer à l’avance le budget nécessaire à une opération. Reste qu’on se pose parfois la question : cette publication ou cet événement doit-il être payant ou gratuit.
Commençons par la publication.
Premièrement, sachez-le : tout à un coût. Et si vous avez un doute votre directeur financier viendra vous le rappeler.
The DAF
J’ouvre ici une parenthèse sur le métier de directeur financier (The DAF) sur qui on est souvent tenté de jeter l’anathème. Le DAF, c’est celui ou celle qui doit construire le budget de votre structure sur l’année. Soit sa direction lui dit « tu as 100 carottes pour deux lapins » et là le DAF a globalement de la latitude pour ranger à droite à gauche des « poires pour la soif » qu’il sortira de sa manche en cas de projet tombé du ciel. Soit plus vraisemblablement sa direction lui dira « tu as deux carottes pour cent lapins » et là autant vous dire qu’il vous surveillera comme le lait sur le feu. Parce qu’au final, son job à lui est d’être le jambon dans le sandwich : c’est lui qui subira vos « je vais rater mes objectifs faute de budget » mais également les questions de sa direction et/ou du commissaire aux comptes si le budget a dérivé jusqu’à se perdre en mer comme le Manureva. Mais refermons la parenthèse.
Ainsi même une publication numérique a un coût, ne serait-ce que celui du temps de travail passé dessus. Par ailleurs, on a pu le constater dernièrement avec la presse écrite : une information est jugée moins importante voire crédible si elle est issue d’un gratuit. Vous pourrez toujours prétendre que votre business plan se base sur les rentrées publicitaires et les aides à la Presse, le lecteur ne vous entend pas. C’est d’ailleurs un des paradoxes de la « street press » qui est apparue pendant le mouvement des gilets jaunes en opposition à la presse dite « mainstream » et dont les acteurs cherchent actuellement à se professionnaliser.
Vous me rétorquerez « mais toi, ton petit magazine, il est gratuit ? ». Absolument. Mais moi je peux me le permettre : je suis ma propre entreprise, il me sert de vecteur d’autopromotion, c’est un choix. Contrairement à un « vrai journal », je n’ai pas des salaires à verser. Ce qui n’est pas votre cas, si vous êtes dans une structure.
Donc d’une façon ou une autre, il vous faudra matériellement valoriser votre « produit ». En rappelant, par exemple, qu’il est offert dans le cadre d’un abonnement ou d’une adhésion -vous pouvez aussi indiquer une valeur faciale tout en l’offrant. Ou vous résoudre à le vendre même un prix symbolique.
Dans le cadre d’un événement, je vais revenir sur le « ratage » qui a influencé ma position. Lors d’un séminaire à Bruxelles, nous avions organisé un dîner dans un restaurant de la capitale, ce dîner était sur inscription mais offert. Les convives devaient s’inscrire et choisir entre plusieurs plats déterminés afin de privilégier la rapidité. Le soir même qu’elle ne fut notre déception de constater que sur une centaine d’inscrits, une vingtaine ne s’était tout bonnement pas déplacée. Or, vous vous en doutez, les repas avaient été réglés à l’avance. Nous avions dû en convenir : pour certains, ce qui est gratuit ne coûte rien.
Autant vous dire que pour les événements, de cet ordre, suivants, une participation même inférieure au coût réel fut exigée.
Il faut également préciser qu’à l’époque, il n’existait pas de dispositifs mis en place consistant à récupérer les aliments non consommés comme le proposent de plus en plus de traiteurs. Reste que de nos jours, nous avons également plus conscience du gâchis alimentaire et que nous sommes probablement plus précautionneux au moment de passer commande.
Alors vous me direz : reste t’il des cas où je peux offrir lors d’un événement ?
Oui si vos convives (vos pax comme on dit) ne sont pas amenés à sortir du lieu. Ou si l’accès à la restauration est éloignée (certains palais des congrès ont été construits en périphérie des villes). Attention la gratuité ne vous épargnera pas les remarques s’il n’y a pas assez à manger ou à boire.
Bref. N’oubliez pas d’inclure cette donnée dans chacun de vos projets.
(crédit photo IStock/andriano_cz)

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